
On passe parfois plus de temps à imaginer ce que les autres vont penser de nos créations… qu’à vraiment prendre du plaisir à coudre.
Et si vous pouviez vous en libérer ?
Dans cet article, on parle d’un sujet essentiel pour retrouver une couture plus sereine : apprendre à coudre sans validation des autres, et revenir à votre propre plaisir de créer.
Sommaire
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Cet article est issu d’un épisode du podcast Couture tranquille.
Si vous préférez écouter plutôt que lire, vous pouvez retrouver l’épisode correspondant sur les plateformes de podcast Spotify ou YouTube.
Vous est-il déjà arrivé de regarder votre projet de couture et de vous demander :
« Est-ce que c’est vraiment bien ? »
Ou peut-être d’avoir envie de montrer ce que vous avez cousu, tout en craignant la réaction des autres ?
Est-ce qu’ils vont trouver ça joli ?
Est-ce qu’ils vont remarquer ce petit défaut ?
Est-ce que ça fait suffisamment professionnel ?
Est-ce que je peux vraiment être fière de cette réalisation ?
Ces questions peuvent sembler anodines. Pourtant, lorsqu’elles deviennent trop présentes, elles peuvent finir par prendre beaucoup de place dans notre pratique de la couture.
Parce qu’à force de chercher l’approbation des autres, on peut finir par oublier une question pourtant essentielle :
Est-ce que moi, j’aime ce que je suis en train de faire ?
C’est de cela dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui : apprendre à coudre sans validation des autres, ou du moins à ne plus en avoir besoin pour chaque décision.
Quand les autres prennent un peu trop de place dans notre couture
Quand on apprend à coudre, il est tout à fait normal de demander conseil.
On ne sait pas encore quelle aiguille utiliser, quel réglage choisir, comment assembler deux pièces ou comment interpréter une instruction de patron.
Dans ces moments-là, demander de l’aide est simplement une façon d’apprendre.
Mais il existe une autre forme de demande, beaucoup plus liée à la confiance en soi.
C’est lorsque l’on sait plus ou moins ce que l’on veut faire, mais que l’on n’ose pas vraiment se faire confiance tant que quelqu’un d’autre ne nous a pas dit que c’était une bonne idée.
Par exemple :
« Vous pensez que je devrais choisir ce tissu ? »
« Vous trouvez que cette longueur est correcte ? »
« Vous pensez que je peux vraiment porter ça ? »
« Vous trouvez que c’est suffisamment bien fait pour l’offrir ? »
Bien sûr, il n’y a rien de mal à demander un avis.
Le problème apparaît plutôt lorsque l’avis de l’autre devient nécessaire pour prendre une décision ou se sentir satisfaite de son propre travail.
Et c’est là que la couture peut devenir beaucoup moins agréable.
Demander un conseil n’est pas la même chose que chercher une validation
Je trouve cette distinction importante.
Vous pouvez parfaitement demander à quelqu’un ce qu’il pense d’un tissu parce que vous hésitez entre deux possibilités.
Vous pouvez demander conseil sur une technique parce que vous ne la maîtrisez pas encore.
Vous pouvez même demander à une personne de confiance son avis sur une réalisation avant de décider de la porter.
Tout cela fait partie de la couture.
Mais il y a une différence entre :
« J’aimerais avoir votre avis pour m’aider à choisir. »
et :
« J’ai besoin que vous me disiez que mon choix est bon pour être sûre de pouvoir l’assumer. »
Dans le premier cas, vous utilisez le regard de l’autre comme une information supplémentaire.
Dans le second, vous lui confiez une partie de votre décision.
Et plus vous prenez l’habitude de fonctionner de cette façon, plus il peut devenir difficile de vous faire confiance lorsque personne n’est là pour vous rassurer.
Le problème, ce n’est pas le regard des autres
On pourrait être tentée de conclure qu’il faut simplement arrêter de se préoccuper de ce que les autres pensent.
Mais je ne crois pas que ce soit aussi simple.
Nous sommes des êtres humains, et le regard des autres compte forcément un peu.
Si vous avez passé plusieurs heures à coudre un vêtement, il est assez naturel d’avoir envie que quelqu’un le trouve joli.
Si vous offrez une création à une personne que vous aimez, vous pouvez avoir envie qu’elle lui plaise.
Et si vous montrez votre réalisation sur les réseaux sociaux, vous pouvez évidemment être sensible aux réactions qu’elle reçoit.
Le but n’est donc pas de devenir complètement indifférente au regard des autres.
L’idée est plutôt de faire en sorte que ce regard ne soit pas le seul à compter.
Vous pouvez entendre une remarque sans remettre immédiatement en question tout votre travail.
Vous pouvez accepter qu’une personne n’aime pas votre tissu sans en conclure que vous avez mauvais goût.
Vous pouvez constater qu’un vêtement ne correspond pas aux goûts de quelqu’un sans décider qu’il ne vous va pas.
Et surtout, vous pouvez continuer à aimer une réalisation même si elle ne fait pas l’unanimité.
« Mais si les autres trouvent ça moche ? »
C’est probablement l’une des peurs qui peuvent le plus facilement nous freiner.
Parce que nous savons très bien que nous n’avons pas tous les mêmes goûts.
Ce que vous trouvez magnifique peut laisser quelqu’un d’autre complètement indifférent.
Une couleur que vous adorez peut déplaire à votre entourage.
Une coupe que vous trouvez confortable peut sembler trop simple à quelqu’un d’autre.
Et un sac que vous êtes fière d’avoir cousu peut ne pas provoquer l’enthousiasme que vous espériez.
Mais cela ne signifie pas que votre projet est raté.
Cela signifie simplement que les goûts ne sont pas universels.
Et finalement, c’est plutôt rassurant.
Parce que si vous essayez de choisir systématiquement quelque chose qui plaira à tout le monde, vous allez rapidement vous retrouver avec un problème insoluble.
Il n’existe pas de tissu, de couleur, de coupe ou de modèle qui plaise à tout le monde.
Alors autant commencer par vous demander ce qui vous plaît à vous.
Vous avez le droit de coudre quelque chose qui ne « sert à rien »
Il y a aussi une autre forme de validation dont on parle moins.
C’est celle qui consiste à penser qu’un projet doit forcément être utile, compliqué ou impressionnant pour mériter d’être réalisé.
Vous pourriez avoir envie de coudre une petite pochette alors que vous savez déjà coudre des vêtements.
Ou refaire encore une fois un projet que vous maîtrisez parce que vous aimez simplement le réaliser.
Ou choisir un tissu juste parce que vous adorez son motif.
Ou coudre quelque chose qui vous prend une heure alors que vous pourriez vous lancer dans un projet beaucoup plus ambitieux.
Et peut-être qu’une petite voix vous dira :
« Quand même… ce n’est pas très ambitieux. »
Mais depuis quand la couture doit-elle forcément servir à démontrer vos compétences ?
Vous avez le droit de coudre quelque chose simplement parce que cela vous fait plaisir.
Vous n’avez pas besoin de transformer chaque séance de couture en occasion de progresser.
Vous n’avez pas besoin non plus de choisir le projet qui impressionnera le plus votre entourage.
Parfois, vous pouvez simplement vous demander :
« Qu’est-ce que j’ai envie de coudre aujourd’hui ? »
Et cette réponse peut être largement suffisante.
Et si vous faisiez confiance à votre propre jugement ?
C’est peut-être là que le sujet rejoint vraiment la confiance en soi.
Faire confiance à votre jugement ne signifie pas penser que vous avez toujours raison.
Vous pouvez vous tromper.
Vous pouvez choisir un tissu qui ne fonctionne finalement pas comme vous l’aviez imaginé.
Vous pouvez couper trop court.
Vous pouvez découvrir, une fois le vêtement terminé, que la coupe ne vous convient pas.
Vous pouvez faire une erreur de montage.
Et tout cela peut arriver sans que cela signifie que vous n’êtes pas capable de coudre.
Faire confiance à votre jugement, c’est aussi accepter que vous êtes capable de gérer les conséquences de vos choix.
Vous choisissez un tissu et finalement vous ne l’aimez pas ?
Vous aurez appris quelque chose.
Vous tentez une modification et le résultat ne vous convient pas ?
Vous pourrez réfléchir à ce que vous feriez autrement la prochaine fois.
Vous réalisez un projet qui comporte quelques imperfections ?
Vous pourrez décider qu’elles ne vous empêchent pas de l’utiliser.
La confiance ne vient donc pas forcément du fait de prendre toujours les bonnes décisions.
Elle peut aussi venir du fait de savoir que vous saurez quoi faire si votre décision ne donne pas exactement le résultat espéré.
Commencer petit pour moins chercher l’approbation
Si vous avez tendance à demander beaucoup l’avis des autres, vous n’avez évidemment pas besoin de vous dire du jour au lendemain :
« Désormais, je ne demande plus jamais rien à personne. »
Ce serait probablement peu réaliste.
Vous pouvez simplement commencer par de petites décisions.
Par exemple, la prochaine fois que vous hésitez entre deux tissus, essayez de vous demander ce que vous choisiriez si personne ne devait jamais voir votre projet.
Pas votre mari.
Pas vos enfants.
Pas vos amis.
Pas vos abonnés.
Personne.
Quel tissu choisiriez-vous ?
Cette question peut être étonnamment révélatrice.
Vous pouvez aussi essayer de prendre une petite décision technique par vous-même, lorsque vous avez suffisamment d’informations pour le faire, sans aller immédiatement chercher confirmation auprès de quelqu’un.
Puis observez ce qui se passe.
Vous vous êtes trompée ?
Ce n’est pas grave.
Vous aviez raison ?
Vous venez peut-être de gagner un tout petit peu de confiance.
Et c’est justement comme cela que cette confiance peut se construire : par une accumulation de petites expériences où vous constatez que vous êtes capable de décider par vous-même.
Vous n’avez pas besoin que votre couture soit parfaite pour être fière
Il y a enfin quelque chose que j’aimerais vraiment souligner.
Vous pouvez être fière d’une réalisation qui comporte des défauts.
Vous pouvez être contente d’avoir terminé un vêtement alors que les finitions ne sont pas parfaites.
Vous pouvez aimer un sac dont les surpiqûres ne sont pas parfaitement régulières.
Vous pouvez porter une création dont vous savez très bien qu’elle aurait pu être mieux réalisée.
Parce que la satisfaction que vous retirez d’un projet ne dépend pas uniquement de sa qualité technique.
Elle peut aussi venir du chemin parcouru.
De ce que vous avez appris.
Du plaisir que vous avez pris.
Du fait que vous avez osé essayer quelque chose de nouveau.
Ou simplement du fait que vous avez passé deux heures à faire quelque chose qui vous plaisait.
Et personne d’autre n’a besoin de valider cela pour que ce soit réel.
La prochaine fois que vous chercherez l’approbation…
La prochaine fois que vous aurez envie de demander :
« Vous trouvez que c’est bien ? »
vous pouvez essayer de vous arrêter quelques secondes.
Et vous demander :
« Moi, qu’est-ce que j’en pense ? »
Pas pour vous interdire de demander un avis.
Pas pour faire semblant que le regard des autres ne vous intéresse pas.
Simplement pour laisser aussi une place à votre propre jugement.
Peut-être que vous aimez.
Peut-être que vous n’aimez pas.
Peut-être que vous hésitez encore.
Et même cette hésitation peut être intéressante, parce qu’elle vous appartient.
La couture peut être un endroit où vous apprenez des techniques, bien sûr.
Mais elle peut aussi être un endroit où vous apprenez progressivement à vous faire confiance.
À choisir.
À essayer.
À vous tromper.
À recommencer.
Et à décider que votre projet a de la valeur, même si quelqu’un d’autre ne l’aurait pas choisi à votre place.
Parce qu’au fond, vous n’avez pas besoin que tout le monde aime ce que vous cousez.
Vous avez surtout besoin de pouvoir vous dire : « Moi, j’avais envie de le faire. Et je suis contente de l’avoir fait. »
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